L’édito

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Un centre d’excellence et d’innovation technologique mêlant recherche et industrie, dédié à une approche émergente, en pleine cité royale, capétienne et millénaire, cela peut paraitre étrange, c’est au contraire bien naturel !

Senlis, ville d’histoire, témoin du temps, vit pleinement aujourd’hui, demain, et hier à la fois. La ville traverse les époques et avance immobile telle une ancre de pierres au milieu d’un océan végétal, celui des forêts qui l’entourent. Alors oui, le destin d’une fermeture de caserne, d’un régiment de transmission, n’a pas pour autant détourné la ville de sa vocation, celle de la transition, de l’imagination de l’avenir dans le respect du passé, du futur enraciné, du développement économique respectueux de la vie, du minéral et du végétal.

Alors, lorsque s’est posée la question de la réhabilitation du quartier Ordener, qui fermera suite à la dissolution du 41ème régiment de transmission en août 2009, le projet de développement économique souhaité par la ville devait non seulement être prometteur, mais aussi avoir une âme et du sens. Le thème, encore très novateur, du Biomimétisme a vite suscité curiosité et enthousiasme. Cette approche qui consiste à innover en s’inspirant du vivant, c’est-à-dire en tirant parti de 3,8 milliards d’années de recherche et développement prodigieusement efficace, connaît un nouvel essor depuis quelques années à travers le monde, intéresse de plus en plus de chercheurs et de groupes industriels, et pourtant n’avait pas d’adresse, de quartier général, de lieu de rencontres, de recherche et d’expérimentations. Nous avions ce lieu, idéalement situé à proximité de Paris et dans un écosystème territorial riche d’expertises en matière de recherche, d’innovation et de sciences du vivant.

Entre 2011 et 2013, les études de faisabilité, les comités d’experts, tant industriels que scientifiques, et les nombreuses rencontres avec les parties prenantes ont rapidement encouragé la ville de Senlis à créer cet espace. Un lieu destiné à encourager et faciliter la pluridisciplinarité, les collaborations croisées entre disciplines scientifiques, mais aussi intersectorielles, à sortir des silos, et surtout à considérer le vivant, l’environnement, l’écologie non plus comme une contrainte ou un stock fini de matières mais comme une source inépuisable d’inspirations et de solutions pour un développement durable, c’est-à-dire un avenir non seulement souhaitable, mais possible.

La municipalité a donc pris l’initiative d’acquérir cet espace, devenu le Ceebios, qui (ré)ouvre ses portes en 2015. L’ambition du Ceebios est à la fois le développement d’activités sur le site bien entendu, au bénéfice de l’emploi et de l’attractivité économique territoriale, mais également l’essor de cette approche du Biomimétisme au service de l’ensemble de l’industrie, de l’innovation et de la croissance durable. Le Ceebios se place ainsi au service de l’ensemble des secteurs d’activité, et de l’excellence de la France dans le rôle moteur que doit jouer notre pays pour allier croissance et environnement, sciences et industrie, passé et avenir.

Le Ceebios est un projet audacieux, qui se construira collectivement, pour participer à l’émergence d’un avenir enthousiasmant, respectueux de notre patrimoine commun et vital, car c’est aussi ça la responsabilité d’une génération, envers une autre, d’hier, et vers une autre, de demain.

Pascale Loiseleur, Maire de Senlis, Présidente de la communauté de communes des 3 forêts.